Alex-Mot-à-Mots

https://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

19,90
30 août 2022

humour, prise d'otages

J’ai aimé retrouver l’humour pince sans rire de l’auteur, ses personnages écorchés par la vie, les situations ubuesques mais crédibles.

J’ai aimé ce loser flamboyant qui agit avant de réfléchir ; Boudu le SDF qui adore les vieux films et ne cesse d’y faire référence (je ne les ai pas tous reconnu) ; Cerise qui se prostitue mais qui défend la cause des femmes ; les amants qui veulent absolument rester anonymes ; George le tenancier au grand coeur.

Sans oublier Mia la négociatrice pleine de patience sauf avec son téléphone, son mari et sa bonne bouille champion de krav-maga.

Et encore, je ne vous dit pas tout, ce serait divulgâcher les péripéties innombrables et drôles de ce roman noir à la veine sociale.

Car le danger ne se situe pas tant du côté des preneurs d’otages dans l’hôtel qu’à l’extérieur.

Deux citations emblématiques :

Non, ce crétin s’en va jouer les Carlos des cassos.

…par un spécialiste des effets spéciaux d’un nanar des années 80. Bel hommage, de la part d’un fan de Seagal.

L’image que je retiendrai :

Cette phrase de Cerise qui sera reprise par toutes : Vous mettrez ça sur mon ardoise !

https://alexmotamots.fr/petiote-benoit-philippon/

Roman

Lisa Balavoine

Gallimard

16,50
30 août 2022

famille

Premier roman que je lis de cette auteure, et je dois dire que je suis sous le charme de ce récit fragmenté narrant l’émancipation d’une jeune femme.

Par petites touches, la narratrice nous fait découvrir son adolescence sans père et auprès d’une mère alcoolique qui en veut à la terre entière.

J’ai aimé le regard que l’adulte pose sur son enfance et sa jeunesse, ses relations conflictuelles avec sa mère, sa propre vie avec des enfants.

Le texte m’a parlé, parfois.

Si le titre me restera en mémoire, je ne suis toutefois pas certaine qu’il en sera de même pour le reste du roman.

L’image que je retiendrai :

Celle de la narratrice qui fait souvent référence à la carapace de la tortue, carapace qu’elle-même s’est forgée pour pouvoir avancer.

https://alexmotamots.fr/ceux-qui-saiment-se-laissent-partir-lisa-balavoine/

30 août 2022

1914-1918

J’ai attrapé la guerre dans ma tête.

Et depuis, le style de l’auteur tente de rendre sensible cette folie.

De Céline, je n’ai lu que Voyage au bout de la nuit, qui m’avait fortement marqué, et j’ai retrouvé avec plaisir le style inimitable. Ce qui m’a étonné, car il s’agit presque d’un premier jet.

En revanche, j’ai été assez étonnée de trouver dans ces pages beaucoup de scènes de sexe. Je n’avais pas garder ce souvenir-là. Mais peut-être dans ses autres romans….

J’ai été surprise de constater que Bébert devient Cascade, mais que sa fiancée, elle, ne change pas de prénom.

J’ai été amusée des noms de ville que l’auteur déforme.

J’attends la suite, maintenant.

L’image que je retiendrai :

Celle de la surdité unilatérale gauche dont le narrateur souffre depuis l’attaque au front et qui lui cause du soucis.

https://alexmotamots.fr/guerre-louis-ferdinand-celine/

30 août 2022

Inde, policier

Une enquête doublement passionnante : d’abord parce que nous suivons la montée de la contestation pacifique indienne, ce qui déroute beaucoup les autorités ; d’autre part car j’ai découvert une expérience scientifique menée en Inde pendant la Première Guerre Mondiale.

Qui plus est, le sergent Wyndham s’enfonce un peu plus dans sa dépendance à la drogue, et son amie Alice s’éprend d’un américain.

Bref, j’ai adoré cette troisième enquête.

Quelques citations :

Je suis las de tout. Des faux-semblants et de la nécessité permanente de feindre la normalité devant les indigènes : ce besoin de conserver un air supérieur en toute circonstances, cette règle non écrite qui considère comme une indignité de partager ses faiblesses avec quelqu’un en raison de la couleur de sa peau, pour moi, c’est cela le véritable fardeau de l’homme blanc, et non une absurdité quelconque que cet imbécile de Kipling a pu écrire dans ses vers de mirliton. (p.157)

(Gandhi et Das) reconnaissent que finalement les Britanniques et les Indiens ne sont pas si différents et que le moyen de nous vaincre est de faire appel à nos bons sentiments, de nosu faire saisir l’incongruité morale de notre position en Inde. (p.168)

L’image que je retiendrai :

Celle du Prince de Galles qui ne s’intéresse pas aux Indiens mais préfère les courses.

https://alexmotamots.fr/avec-la-permission-de-gandhi-abir-mukherjee/

24 août 2022

immigration

Charles n'est pas un clandestin comme les autres : venu depuis le Cameroun pour étudier à Lyon, il ne repart pas chez lui à la fin de son année universitaire.
S'ensuit une suite de demandes administratives pour pouvoir continuer à étudier, puis pour raison médicale.
Mais Charles n'est pas un clandestin ordinaire : pas question de baisser la tête.
Homme de lettres, il entend faire respecter ses droits et lance même le parti des sans-papiers avec un manifeste.
J'ai aimé son humour dans certaines situations : à propos des roms pas au niveau en matière de présentation et de storytelling.
Une lecture à la fois divertissante et éclairante sur la précarité.