Évelyne L.

par (Libraire)
29 avril 2019

coup

« Je vivais autrefois comme tout le monde. Et à l'époque, cette vie-là me convenait. J'avais un métier, une compagne, une voiture et des rêves plutôt communs. Je n'étais peut-être pas heureux... mais au moins n'étais-je pas malheureux. Ce qui n'est déjà pas si mal. » Ainsi débute La France sur le pouce, road-trip autobiographique d'olivier Courtois.
Une rupture amoureuse et une démission professionnelle suffiront à pousser Olivier Courtois hors de nos conforts habituels. Ce pas de côté, c'est lui qui l'a choisi : il a décidé de faire le tour de la France en stop, de tenter une autre vie, radicale mais pas marginalisante. En effet, Olivier garde ses réflexes de reporter et ouvre grand ses oreilles aux automobilistes qui ont la gentillesse de le prendre dans leur véhicule. Et ce tour de France ressemble peu à peu à une psychanalyse mobile d'une certaine France, celle des campagnes et des petites villes (les grandes sont peu propices à l'auto-stop) : l'ouvrier sans boulot, le père divorcé, la junkie, les malfrats mystérieux, les retraités amoureux...
Olivier Courtois est reporter :il transforme ces expériences en reportages. Et il fait de même avec ce voyage profondément personnel : il nous le transmet, pour notre plus grand profit et notre plus grand bonheur. N'étant pas dessinateur, c'est Phicil qui prend les crayons pour dépeindre cette France, tendre, belle mais parfois dure aussi.

par (Libraire)
29 avril 2019

Coup de coeur d'Evelyne

Outre le passionnant destin de Nadia Comaneci, la petite fille qui bouleversa le monde olympique et qui fit rêver les fillettes du monde entier en 1976, ce livre nous raconte l'affrontement entre l'Est et l'Ouest pendant la Guerre Froide et entre la Roumanie de Ceaucescu et l'URSS derrière le Rideau de Fer, autour du corps d'une enfant. C'est l'instrumentalisation de ce corps par le régime qui est au centre de ce roman : par ses victoires, par sa présence constante auprès des dirigeants dans les dîners diplomatiques afin de prouver la suprématie de la Roumanie, par sa quasi-intégration à la famille Ceaucescu quand le fils héritier aura jeté son dévolu sur l'enfant devenue femme... Mais ce que montre, Lola Lafon, c'est que cette instrumentalisation aurait aussi bien pu arriver à l'Ouest... et qu'en fait, elle s'y produit tous les jours, sous une forme moins exacerbée sans doute.
Un roman très fort et très documenté, dans lequel on entend aussi le point de vue de Nadia Comaneci elle-même : lui tendre le micro pour entendre enfin sa version et ne plus instrumentaliser son corps devenu personnage.

Le Livre de poche

7,90
par (Libraire)
29 avril 2019

Coup de coeur d'Evelyne

Etrange et fascinant roman que cette porte ! La narratrice est une bourgeoise bohème qui nous raconte sa relation particulière à Emerence Szeredas, la concierge, femme de ménage, cuisinière, amie, confidente... Rien ne devrait les rapprocher : âge, différence sociale, centres d’intérêt... et pourtant une relation s'installe petit à petit, à leur corps défendant. Mais cette relation est ambigüe : il y a une relation financière entre les deux femmes tout d'abord mais la liberté revendiquée d'Emerence met à mal l'autorité de la narratrice, le chien leur sert d'objet transitionnel, les séquelles de la seconde guerre mondiale s'estompent peu à peu mais continuent malgré tout de hanter Emerence...
La porte, c'est celle du domicile d'Emerence qu'elle n'ouvre à personne, conservant jalousement ses secrets. Les siens ? Pas certain...

ce qu'ils ressentent, comment ils communiquent

Les Arènes

20,90
par (Libraire)
29 avril 2019

Coup de coeur d'Evelyne

Peter Wohlleben est un forestier allemand. Il a longtemps géré sa forêt de manière traditionnelle et puis un jour, il a découvert une souche qui survivait depuis des centaines d'années alors qu'elle n'avait plus les moyens de se nourrir elle-même vu qu'elle n'avait plus de feuilles depuis très longtemps. Il a alors découvert que les arbres s’entraident, que les arbres ne sont pas des unités juxtaposées mais que la forêt est une société : les arbres communiquent, ils ont une mémoire, ils ont des stratégies de défense globale envers leurs différents prédateurs...
Dans un style très facile d'accès, Peter Wohlleben nous ouvre les portes d'un monde inconnu et fascinant. Le monde de Wohlleben est tellement merveilleux qu'on pourrait se croire dans un roman de Tolkien. Amis randonneurs, lisez ce livre et vous ne randonnerez plus jamais comme avant !

par (Libraire)
29 avril 2019

Coup de coeur d'Evelyne

« Lætitia Perrais a été enlevée dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011. C'était une serveuse de dix-huit ans domiciliée à Pornic, en Loire-Atlantique. Elle menait une vie sans histoire dans la famille d'accueil où elle avait été placée avec sa sœur jumelle. Son meurtrier a été arrêté au bout de deux jours, mais il a fallu plusieurs semaines pour retrouver le corps de Laëtitia. » Ainsi commence le texte d'Ivan Jablonka.
Cette histoire, nous la connaissons tous : celle de cette très jeune femme dont la vie fut brisée au retour de son travail, de cette enfant de l'assistance qui était sur le point de s'en sortir mais que le destin rattrapa à la dernière minute. Et puis cette affaire devint affaire d'Etat quand le président de la République d'alors profita de ce fait divers pour régler ses comptes avec la Justice et son fonctionnement.
Mais Ivan Jablonka, historien, n'est pas là pour divertir grâce à un fait divers ni pour faire le procès de la présidence sarkoziste : à travers l'histoire de Lætitia, il nous dresse un portrait de la France aujourd'hui, comme l'avait fait Florence Aubenas avec son Quai de Ouistreham ou Michel Foucauld dans Moi Pierre Rivière. A mi chemin entre l'Histoire et la sociologie, Ivan Jablonka ausculte la France. Un texte puissant, pudique et dense. Un grand livre qui ne vous laissera pas indemne.