Évelyne L.

par (Libraire)
29 avril 2019

Coup de coeur d'Evelyne

Franck sort de cinq ans de taule.
En sortant, il espérait retrouver son frangin, Fabien, pour lequel il a plongé. Il espérait aussi retrouver son magot. Or, l'un et l'autre sont aux abonnés absents le jour de sa sortie : c'est Jessica, la petite amie de son frère qui vient le chercher. Elle lui explique que Fabien est en Espagne pour le « bizness » et qu'il ramènera le grisby à son retour. En attendant, Franck va devoir vivre dans la famille de Jessica et rendre service comme il peut. Mais pas facile pour Fabien de rester sagement à attendre entre Jessica qui a le feu aux fesses et qui empile les emmerdes comme on entasse les bûches en prévision de l'hiver, le père magouilleur qui l'emmène dès que possible jouer les gros bras, la mère alcoolique qui le hait avant même qu'il mette un pied dans cette maison, le chien agressif qui n'arrive pas à distinguer les gentils et les méchants, et la gosse de sept ans qui ne parle pas et joue à se noyer au fond de sa piscine pour enfant... Fabien se dit qu'au moins en taule, il savait comment agir, comment s'en sortir !
Dans ce nouveau roman, Hervé Le Corre revient sur un classique du roman noir : le gars qui sort de taule et qui ne veut pas y retourner mais qui doit faire face à un milieu qui ne peut que le faire replonger. Hervé Le Corre reprend une situation archi-classique de littérature noire pour revenir à la quintessence du roman noir afin de rendre hommage au genre mais surtout de le dynamiter ! Et c'est bien ce que fait Le Corre qui vous endort petit à petit en vous faisant croire que vous avez déjà lu cette histoire cent fois et vous arnaque à la dernière minute !
Lecteurs, partez prévenus : ce qui vous lisez vous induit autant dans le doute qu'il vous guide dans votre lecture. Et c'est tout le talent d'Hervé Le Corre, l'actuel maître du roman noir français : construire deux récits, l'un dissimulant l'autre et flouant le lecteur, pour son plus grand plaisir.

Roman improvisé, interruptif et pas sérieux

J'ai Lu

7,90
par (Libraire)
29 avril 2019

Coup de coeur d'Evelyne

Dans un roman hilarant et corrosif, Sophie Divry nous raconte les tribulations de jeunes gens qui tentent d'entrer dans la vie active à l'heure où le chômage fait rage et où les patrons semblent penser qu'ils ont tous les droits. Un roman social d'un nouveau genre où la truculence et l'invention textuelle (sous toutes ses formes) ont définitivement damné le pion au misérabilisme et à l'apitoiement mais sans occulter les questions importantes.

Sophie, notre narratrice, est chômeuse, diplomée mais chômeuse. Elle ne se plaint pas : c'est toujours mieux que les piges pour le journal qui ne lui laissait rien à la fin du mois tellement c'était mal payé et irrégulier ! Elle tente donc d'écrire un roman (afin de devenir riche, enfin, et surtout manger à sa faim !) mais en attendant, Sophie a faim et ça vire à l'obsession.
Alors les pensées parasites envahissent peu à peu son esprit, jusqu'à obscurcir son jugement : comment envisager sereinement la vie quand votre placard est vide ? comment se sentir l'égale des autres quand votre esprit est obnubilé par le fait de manger et que le monde du travail vous ignore ? Impossible d'écrire dans ces conditions ! L'écriture, le chômage et le succès sont-ils incompatibles ?
Hector, son meilleur ami et compagnon de galère à Pôle Emploi, pense que les choses s'arrangeront dès qu'il aura réussi à séduire sa voisine. Quant à Lorchus, le démon de Sophie, il pense que la faim justifie les moyens et que l'embarras est dans le choix : vol à l'étalage ou vol à l'arrachée ?
Pour échapper à tout ça, Sophie accepte l'invitation de ses parents pour un week-end où tous les frères et sœurs seront réunis : il faudra affronter la réussite sociale des autres mais à ventre plein rien n'est impossible pense-t-elle. Et peut-être même pourra-t-elle envisager de donner un nouveau départ à sa vie...

par (Libraire)
29 avril 2019

Coup de coeur d'Evelyne

D'abord, il y a le patriarche, Eli, enlevé puis élevé par les Indiens, avant de revenir vers le monde des Blancs et de devenir le plus grand propriétaire de ranch du Texas puis le plus grand magnat du pétrole. Ensuite il y a le fils, qui ne comprend pas le monde de la Frontière et sa sauvagerie. Enfin, il y a l'arrière-petite fille, très riche héritière d'un monde qui se délite mais qu'elle ne parvient pas à réparer. Sans doute parce qu'il n'y a plus rien à réparer : les valeurs qui ont dominé ce monde de cow-boys ont disparu, la terre est devenue stérile à force de sur-exploitation, le pétrole s'épuise peu à peu... A travers cette grande fresque sur l'histoire du Texas, Philipp Meyer nous brosse un portrait de l'Amérique et même de l'Occident en général.
Un roman qui donne de l'épaisseur à l'Histoire et qui raconte l'effondrement de ces cultures qui épuisent peu à peu ce sur quoi elles ont grandi et prospéré.

par (Libraire)
29 avril 2019

Coup de coeur d'Evelyne

On est au Québec et la famille Cardinal est une famille comme les autres, à ceci près qu'ils sont 21 enfants ! Le père, géologue, a découvert un gisement exceptionnel de zinc mais le contrat qu'il a signé avec la très riche industrie minière ne semble pas si favorable après coup. Quand le cours du zinc s'effondre, la ville s'étiole et tombe aux mains des enfants Cardinal, lâchés comme des animaux sauvages dans les rues qui se désertifient : ils ont bien l'intention de récupérer leur ville et leur mine. Mais les tours pendables que les enfants jouent à ceux qui ne veulent pas partir ne suffisent pas à masquer le drame. Comme dans toutes les familles règne un secret et ce récit qui avait commencé comme une cocasserie devient peu à peu plus dense et plus fort.
On avait adoré Il pleuvait des oiseaux (Folio) du même auteur : vous adorerez Les Héritiers de la mine ! Encore une fois, Jocelyne Saucier mène son récit avec beaucoup d'humour mais sans éluder les sujets importants. Un auteur à découvrir de toute urgence !

7,40
par (Libraire)
29 avril 2019

Coup de coeur d'Evelyne

Dans l'Italie des années 70, Pietro vit avec ses parents à Milan mais passe toutes ses vacances en montagne, dans la vallée d'Aoste. Pietro est enfant unique : il doit donc supporter seul les rêves de ses parents, notamment ceux de son père. Ce père, ingénieur, vivant à la ville par contrainte mais grand amoureux de la montagne, emmène Pietro dès son plus jeune âge dans d'interminables randonnées. Pietro développe peu à peu une aversion pour ces randonnées, puis ce père ; car il ne comprend pas encore la beauté de ces paysages et surtout l'acharnement paternel à escalader chaque petit bout de montagne.
Au village cependant, Pietro fait la découverte de la fraternité grâce à son amitié avec le petit Bruno, enfant de bergers. Cette amitié lui permettra de voir la montagne autrement et un jour de renouer avec son père. Ce n'est qu'à la mort de ce dernier qu'il comprendra la passion dévorante du père : parce qu'il existe des événements qui donnent forme à votre vie sans que vous ayez connaissance de leur existence.
Dans ce très beau roman sur la filiation et sur la fraternité, Paolo Cognetti déploie une écriture simple et poétique qui nous fait partager son amour de la montagne, des ascensions, des hommes qui l'habitent... Ce roman a reçu le prix Strega (le Goncourt italien) et mérite toute votre attention !